Evaluation economique ex-post des cultures fourrageres en Afrique de l'Ouest uri icon

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  • A la fin des annees 70 et au debut des annees 80, le Centre international pour l'elevage en Afrique (CIPEA) et ses partenaires nationaux de recherche ont joue un role determinant dans l'elaboration et la diffusion du concept meme de culture fourragere comme moyen d'aider les agropasteurs de l'Afrique de l'Ouest a faire face aux penuries d'aliments du betail qui caracterisent la saison seche dans la region. Le concept de "banque fourragere", l'une des methodes (mais pas la seule) mises au point, consiste a cloturer une parcelle de champ et a y installer du Stylosanthes ou d'autres legumineuses destinees a assurer une alimentation strategique au debut de la saison-seche. Pour certains systemes culturaux, il etait recommande d'installer ensuite une cereale sur la parcelle de banque fourragere pour profiter de l'azote fixe par la legumineuse. Des recherches ont ete financees dans ce domine jusqu'en 1993, et si divers travaux ont montre que cette technologie etait adoptee dans divers pays de la region, aucune etude exhaustive de cette adoption n'avait jusque-la ete effectuee. En 1995, le CIPEA et la Laboratoire international de recherches sur les maladies animales (ILRAD) ont fusionne pour former une nouvelle instituion, l'Institut international de recherche sur l'elevage (ILRI). Une evaluation expost de la technologie des banques fourrageres en Afrique de l'Ouest a alors ete entreprise en vue, non seulement de mesurer l'impact que l'ILRI, ses partenaires nationaux et les autres organisations ont eu et continuent d;avoir dans ce domaine en milieu paysan, mais egalement de demontrer la valeur de l'investissement dans la recherche agricole. A cet effet, une etude a ete concue avec deux activites principales, a savoir d'une part une revue bibliographique en vue de quantifier l'impact de la technologie des banques fourrageres sur la production et d'autre part, l'organisation d'une consultation en vue de la collecte d'informations recentes sur l'adoption de cette technologie aupres des programmes nationaux de recherche et de vulgatisation agricoles de toute la region. On estime qu'environ 27,000 paysans ont adopte cette technologie et cultivent des legumineuses fourrageres sur quelque 19.000 ha dans 15 pays sur lesquels on dispose de donnees. A partir d'estimations modestes de l'impact des legumineuses fourrageres, d'une part sur la production de viande et de lait a partir d'un modele de simulation des troupeaux et d'autre part, sur les chiffres de production de grain et de residus du mais, du millet et du sorgho publies dans la bibliographie, on a combine des donnees de prix des produits, des elasticites de l'offre et de la demande et des estimations des couts de la recherche dans un modele de surplus economique avec les superficies de legumineuses qui pourraient raisonnablement etre attribuees a l'activite de l'ILRI et de ses partenaires nationaux. L'analyse de base indique qu'un investissement d'un peu plus de 7 millions de dollars dans la recherche s'est traduit par un benefice social net de 16,5 millions de dollars jusqu'en 1997, soit un taux de rentabilite interne d'environ 38 percent. Ces chiffres sont probablement en-deca de la realite dans la mesure ou les donnees d'adoption le sont probablement aussi et que les estimations de l'impact sur la production sont modestes; des analyses de sensibilite ont ete effectuees pour tester la solidite des evaluaitons d'impact. En partie parce que l'ILRI n'investit plus dans la recherche sur cette technologie, les avantages nets totaux realises jusqu'ici sont au moins multiplies par deux dans les projections des tendances d'adoption jusqu'en 2014. Bon nombre de paysans desireux d'adopter la technologie des banques fourrageres connaissent de nombreuses difficultes dans le processus. Les cultures de legumineuses fourrageres demeurernot sans doute une composante des systemes agricoles de l'Afrique de l'Ouest, mais l'utilisation des residus de recolte comme aliment du betail continuera a gagner du terrain. Malgre cela, l'impact des banques fourrageres est suffisant pour couvrir plus de trois fois le cout de la recherche effectuee sur cette technologie, et augmentera substantiellement au cours des prochaines annees etant donne les tendances d'adoption actuelles. Une autre conclusion de ces travaux est que le processus de diffusion de cette technologie est tres lent car il dure au moins 15 ans, c'est a dire beaucoup plus qu'on n'aurait pu anticiper

publication date

  • 1999